En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés. Mentions légales.

Les tâches de Roquemaure

cep.jpg     LES TACHES DE ROQUEMAURE

Cette histoire est une  histoire vraie.
Et si elle a sa place ici, c'est qu'elle nous rappelle que tout était dans le coin  un délicat mélange de réalités et de croyances. Elle y a surtout sa place parce que commencée en véritable fléau ...elle s'acheva par un conte de fée.

ROQUEMAURE et SAINT VALENTIN

L' histoire commence en 1862..
Joseph Antoine Borty propriétaire et négociant en vins à Roquemaure fit venir du nouveau monde quelques pieds de vigne, afin de tester leur tenue à l'oïdium. Dès l'année qui suivit, une terrible maladie de la vigne se propagea, d'abord sur Roquemaure, puis en une dizaine d'années anéantit tout le vignoble du midi. Cette maladie que l'on appela au début "les tâches de Roquemaure" s'avéra être due à un petit puceron ( le phylloxera ) et on fit la liaison avec les plants américains du Clos Borty.

Etait-ce pour faire acte de redemption ? Ou plus vraissemblablement pour mettre la commune sous la protection divine... en Octobre 1868, au plus profond de la crise, une autre riche famille de Roquemaure ( la famille Richard ) décida de faire l'acquisition, à Rome, des reliques d'un saint protecteur. Ce furent celles de Saint Valentin.
Nous étions donc le 25 octobre 1868 lorsque les reliques arrivèrent au village. Elles furent acceuillies dans des rues pavoisées et au son des galoubets par une foule en liesse, en présence de Mgr Plantier, évêque de Nîmes. Elles reposent depuis dans une chasse dorée à la droite de l'autel dans la collègiale.

Le phylloxera lui, a continué encore à sévir de nombreuses années...
mais doit-on y voir la main divine ?... Force est de constater que le mal est reparti de là où il était venu : Le Clos Borty à Roquemaure ! 
On s'apperçut en effet que dans le clos Borty, au milieu des ceps français ravagés, les pieds américains eux, restaient bien vivants, bien que porteurs des pucerons. La solution était trouvée : La greffe ! 
Et l'on commença à greffer nos propres cépages ( Cinsault, grenache, bourboulenc,...) sur des ceps américains tels que le clinton. Il fallut encore quelques 10 à 15 ans de tatônnements... mais la vigne était sauvée . En 1902 toutes le vignoble gardois était replanté.

                                                                 reliques.jpg

Et c'est pourquoi une année sur deux encore de nos jours, en début février, le samedi du week-end le plus proche de la saint Valentin, 7 charrettes chargées des sarments des 7 principaux cépages de l'appellation LIRAC ( grenache noir, syrah, mourvèdre, cinsault, clairette, grenache blanc et bourboulenc ) sont bénies par le curé du village, sur la place de la Pousterle de Roquemaure.

                                        st valentin.jpg...pour Son Saint Valentin, celui des amoureux.


Date de création : 08/02/2019 09:02